Cybersécurité des TPE-PME : des progrès, mais encore des failles.
Les TPE et PME françaises sont aujourd’hui plus conscientes des risques numériques, mais cette prise de conscience ne se traduit pas encore par un niveau de protection pleinement adapté à la menace. C’est ce que révèle la 2ᵉ édition du baromètre national de la maturité cyber des TPE-PME, publiée par Cybermalveillance.gouv.fr en partenariat avec la CPME, le MEDEF et l’U2P.
Une perception des risques qui évolue
Le baromètre montre une évolution intéressante : 44 % des dirigeants estiment être fortement exposés aux risques cyber, contre 38 % l’année précédente. Cette progression reflète une meilleure compréhension des enjeux, portée par la multiplication des campagnes d’information et par la médiatisation des attaques.
Ce constat est renforcé par les faits : 16 % des entreprises interrogées déclarent avoir subi au moins un incident cyber au cours des 12 derniers mois. Les principales causes sont l’hameçonnage, les failles de sécurité et la consultation de sites vérolés, des vecteurs très courants dans les attaques modernes.
Des protections de base de plus en plus adoptées
De manière positive, de nombreuses TPE et PME ont mis en place des mesures de cybersécurité élémentaires. Parmi elles :
- antivirus,
- sauvegardes régulières,
- pare-feu,
- politiques de gestion des mots de passe,
- sensibilisation de certaines équipes.
Ces outils de base sont désormais présents dans une majorité des structures interrogées, ce qui montre que des efforts concrets sont déjà engagés. En conséquence, certains impacts négatifs, comme les interruptions de service, les pertes financières ou les vols de données sont globalement en baisse.
Mais les protections avancées restent rares
Malgré ces progrès, des lacunes importantes subsistent. Une minorité d’entreprises a encore adopté des mesures plus élaborées telles que :
- la double authentification,
- des solutions de détection des attaques,
- des procédures détaillées de réaction en cas d’incident.
À peine un quart des TPE/PME dispose aujourd’hui d’un plan de réaction aux cyberattaques, et seules 26 % utilisent une double authentification. Ces faiblesses techniques s’expliquent souvent par des freins structurels : manque de compétences internes, de budget ou de temps pour investir dans la cybersécurité.
Un manque de préparation
Malgré une meilleure conscience des risques, 80 % des entreprises reconnaissent qu’elles ne sont pas prêtes à faire face à une cyberattaque. Et près de 6 dirigeants sur 10 admettent qu’ils ne sauraient pas évaluer les conséquences d’une attaque sur leur activité.
Les inquiétudes des dirigeants portent notamment sur :
- la perte ou le vol de données (94 %),
- les répercussions financières (88 %),
- l’interruption d’activité (87 %),
- et l’atteinte à la réputation (82 %).
Ces craintes sont compréhensibles : une attaque bien menée peut entacher durablement la confiance des clients, perturber la production ou entraîner des coûts significatifs pour restaurer les systèmes.
Où se situent les besoins des TPE/PME ?
Si la majorité des entreprises interrogées connaît les solutions techniques disponibles, seules la moitié les considère réellement adaptées à ses besoins. Les freins évoqués sont souvent liés au coût, à la complexité d’utilisation ou au manque d’accompagnement personnalisé.
Un quart des TPE/PME ne fait appel à aucun acteur spécialisé, ce qui montre que l’accompagnement externe reste encore trop fragmenté ou mal identifié pour une partie significative du tissu économique.
L’avis Pérenne’IT, expert cybersécurité
L’étude met en lumière une dynamique encourageante : les TPE et PME sont de plus en plus conscientes des risques cyber, et certaines mesures de base sont désormais largement adoptées. Pourtant, cette prise de conscience ne suffit pas encore à réduire significativement leur exposition globale.
Pour continuer d’améliorer leur sécurité, il est essentiel que les entreprises complètent ces bases par des protections plus avancées, des plans de réaction et, surtout, une vraie stratégie de cybersécurité adaptée à leur croissance et à leurs enjeux.