Microsoft centre sa stratégie sur l’ intelligence artificielle

Intelligence artificielle Microsoft

Le PDG de Microsoft, Satya Nadella a exprimé à de nombreuses reprises sa volonté d’introduire des fonctions d’ intelligence artificielle à tous les produits de l’entreprise (Office, CRM, Cloud…).

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Pour effectuer cette transition, Microsoft s’est réorganisé début 2018 en trois divisions principales. La première division auparavant connue sous le nom de Windows et Terminaux a été remplacée par la division Expériences et Terminaux. Les deux divisions restantes ciblent l’intelligence artificielle en particulier. Créée il y a déjà deux ans, la structure IA et Recherche développe les innovations logicielles en lien avec l’intelligence artificielle. Un comité éthique de réflexion autour de l’IA a même été créé pour assurer que les nouveaux produits soient en accord avec les enjeux sociétaux actuels et réellement au service de l’humain. La troisième division a été nommée Cloud et Plateforme d’IA et elle est chargée de migrer la puissance informatique dans le cloud Microsoft au profit de ses nouveaux défis dans l’intelligence artificielle.

Rendre l’ intelligence artificielle accessible

Cette troisième division est la plus important pour l’avenir de la firme américaine. En effet, cette dernière souhaite faire du cloud Microsoft la plateforme référence de l’intelligence artificielle pour les entreprises. L’objectif est de créer des offres puissantes mais faciles à prendre en main pour rendre les technologies d’IA accessibles, aussi bien pour les développeurs de logiciels que pour les autres métiers de l’entreprise. Il ne devrait donc pas être nécessaire de comprendre le fonctionnement des systèmes informatiques intelligents pour en bénéficier.

Pour ce faire, Microsoft lance de nouveaux produits comme Windows ML, un outil qui permet aux éditeurs de logiciels pour Windows d’intégrer à leurs applications une couche de reconnaissance d’image ou de vidéo et autres traitements automatiques. La firme américaine a également ajouté de nouveaux éléments technologiques afin d’améliorer la compréhension du langage par l’ordinateur et rendre plus intelligents les objets connectés.

Développer l’IA sur le sol français

Microsoft souhaite déployer sa stratégie d’intelligence artificielle aux principales zones sur lesquelles l’entreprise est implantée. La France, qui représente le siège social européen du groupe fait ainsi partie des pays prioritaires. La firme de Redmond a donc dévoilé au premier trimestre 2018 un plan d’investissement de 30 millions de dollars sur trois ans dans le but de développer l’intelligence artificielle en France. Cette dernière prévoit le lancement d’un hub de formations destinées aux métiers du numérique qui donnera notamment accès à des cursus dans l’IA proposés par des écoles partenaires. Une école à destination des publics éloignés de l’emploi souhaitant rejoindre la filière est également créée. La première promotion comptera 24 apprenants mais elle pourrait bien en accueillir des centaines dans les années à venir.

Microsoft souhaite une régulation pour la reconnaissance faciale

Intelligence artificielle Microsoft

Récemment, le directeur juridique de Microsoft, Brad Smith a fait appel au gouvernement américain dans un blog pour demander une régulation des technologies utilisant la reconnaissance faciale. Cette demande fait suite à plusieurs scandales concernant l’utilisation de cette technologie.

reconnaissance faciale

Contre tout attente, Microsoft a fait appel au gouvernement américain le 13 juillet dans un blog pour clarifier le sujet sur la reconnaissance faciale. Brad Smith demande donc une régulation sur ce sujet afin de savoir ce qu’il est possible de faire ou non avec cette technologie.

Plusieurs affaires concernant la reconnaissance faciale qui amènent Microsoft à s’interroger

La question mérite d’être posée car ces derniers mois, plusieurs affaires impliquant les technologies de reconnaissance faciale ont éclaté. Comme par exemple l’affaire opposant l’association de défense des libertés (ACLU) à Amazon qui commercialise une technologie de reconnaissance faciale utilisée par la police.

Ainsi, le directeur juridique de Microsoft demande au gouvernement de se pencher davantage sur cette technologie qui est bien plus performante et rapide qu’avant. Cette évolution récente est susceptible de poser des problèmes éthiques sachant qu’elle est utilisée pour le maintien de l’ordre publique. Brad Smith a donc tenu à rappeler que les technologies de reconnaissance faciale sont faillibles et peuvent donc faire des erreurs.

Des pistes de réflexions émises par Microsoft

Dans son communiqué, Microsoft demande la mise en place d’un comité chargé de réfléchir aux nombreuses questions soulevées par le développement des technologies de reconnaissance faciale en proposant quelques pistes de réflexion sur le sujet. Les interrogations de Microsoft concernent aussi bien l’utilisation des technologies de reconnaissance faciale dans un cadre public que privé. Pour ces deux cas différents, Microsoft voudrait disposer d’une législation claire aux Etats-Unis afin d’être averti sur les pratiques légales et illégales qui entourent cet outil.

Microsoft s’est engagé de son côté à développer ses outils de reconnaissance faciale en toute transparence et de façon mesurée tout en améliorant ces derniers afin de limiter au maximum les risques et les déficiences que ceux-ci peuvent présenter.

L’intelligence artificielle au service de la conformité RGPD ?

Data Intelligence artificielle RGPD

Avec l’intelligence artificielle, certaines entreprises voudraient pouvoir industrialiser les phases d’identification et de classification des données personnelles. Le but étant de gagner du temps et de l’efficacité en automatisant ce processus.

l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle peut correspondre à une réponse pour certaines entreprises face aux exigences du règlement européen sur la protection des données personnelles. L’analyse faite par l’IA permet de prendre en charge l’étape essentielle d’identification et de classification des données personnelles. Les organisations sont censées avoir mis en place un dossier global réunissant l’ensemble des données soumises au RGPD (données structurées mais aussi celles dans le cloud, les logs et adresses IP).

Faire un inventaire des données sensibles en entreprise grâce à l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle permet de cartographier précisément les données à caractère personnel traitées par l’entreprise telles que des adresses postales ou bien les données sensibles telles qu’un numéro de carte bancaire. Utiliser un traitement manuel peut rapidement montrer ses limites lorsqu’il y a d’énormes quantités de données à traiter. Il est donc nécessaire pour les entreprises dont cela est le cas de passer par une phase d’industrialisation.

Cogito, une solution d’intelligence artificielle est capable de comprendre deux millions de termes. Cette base est amenée à s’enrichir de glossaires spécialisés afin que le moteur de recherche s’approprie les mots spécifiques inhérents à une entreprise, à ses métiers et son secteur d’activité. Cependant, la compréhension des termes ne suffit pas, il est également impératif d’établir les relations qui les lient entre eux en les restituant dans le contexte d’une phrase. L’assimilation du sens d’un texte permet de réduire les ambiguïtés.

Mettre en place des techniques d’anonymisation ou de pseudonymisation

Une fois que les données sensibles ont été identifiées, il est nécessaire d’appliquer une technique de masquage de données. Cela peut passer par l’anonymisation ou bien la pseudonymisation. Ce choix revient à l’entreprise qui peut préférer l’anonymisation si elle stocke ses données dans le cloud ou bien la pseudonymisation si elle souhaite reconstituer ses données ultérieurement. Plus de détails sur l’anonymisation et la pseudonymisation dans le blog du 13/06/2018 « Anonymisation ou pseudonymisation des données ? ».

L’intelligence artificielle peut avoir d’autres usages comme par exemple l’interdiction de saisie de termes prohibés dans les champs texte ou les zones de commentaire des applications d’entreprise de type CRM ou ERP. Ce qui éviterait l’enregistrement d’informations liées à la santé, aux opinions politiques ou religieuses d’un individu qui seraient contraire au règlement.

Il a également été possible de développer un chatbot qui évalue le niveau de maturité d’une organisation sur le sujet du RGPD tout en lui prodiguant des conseils pour progresser sur le chemin de la conformité.